Accusé de viol, Voici comment un prof s’en prend au ministre Fame Ndongo voici les détails

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Interdit d’exercer dans le campus de l’université de Yaoundé I, un enseignant s’est retourné contre le ministère de l’Enseignement supérieur. Il se plaint de faire l’objet d’une sanction assise sur des faits imaginaires et dérivant d’une procédure disciplinaire biaisée. L’Etat nie tout et invite les juges à classer l’affaire.

Fridolin Nke n’était pas très content en quittant la salle d’audience du Tribunal administratif de Yaoundé le 10 septembre 2019. Et pour cause, l’enseignant en service à l’université de Yaoundé I, auteur d’une plainte contre le ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup), a buté sur un obstacle. Une question technique soulevée par M. Abane Engolo Patrick, représentant de l’Etat au procès. Au cours des échanges, ce dernier a fait observer que le juge administratif n’est pas compétent pour connaître d’un litige opposant l’Etat à un de ses agents, assujetti aux dispositions du code du travail. En réplique, Me Mpeck Likeufack, avocat de Dr Nke Fridolin a demandé aux juges de lui concéder un report en vue de réagir à ce «nouveau moyen».

Son client qui n’a pas partagé ce point de vue, va tenter de convaincre les juges de ne pas céder à la manoeuvre «dilatoire» tendant à paralyser la procédure alors qu’il dispose d’une panoplie d’éléments pour confondre le Minesup. Mettant son conseil dans l’embarras, il a déclaré qu’il faut en finir avec l’affaire qui a déjà rongé plus de quatre ans de sa vie et terni sa réputation. Pour son malheur, le collège des juges va plutôt suivre l’opinion de l’avocat et stopper l’examen public du dossier.

En rappel, Fridolin Nke attaque une décision du 2 juin 2016 du ministre Jacques Fame Ndongo, découlant dit-il, de faits matériellement inexacts et instruits au cours d’une procédure disciplinaire émaillée d’irrégularités. L’acte le suspend de toutes ses prérogatives d’enseignant de la faculté de lettres (philosophie) pour des supposés faits de harcèlement sexuel et agression d’étudiants d’une part, et de manquement aux obligations professionnelles et à la déontologie universitaire, d’autre part. En ce qui concerne le premier volet de l’accusation, l’enseignant fait comprendre qu’une jeune dame que nous nommons Dominique a saisi l’université pour dénoncer un viol dont elle aurait été victime de sa part dans un hôtel du quartier Etoudi à Yaoundé tandis qu’une autre que nous appelons Edwige, dit y avoir échappé par «miracle».

Relation consentante

Si le prof admet une «relation d’amour» étalée sur quelques mois avec la première, il précise néanmoins qu’elle lui a volontairement offert ses services sexuels. Puis, ayant pris goût, elle a souhaité avec insistance qu’il quitte son épouse et lui fasse un enfant. Il n’y a accordé aucune suite. Le plaignant indique que le viol allégué est imaginaire non seulement parce que la date de sa survenue n’apparaît nulle part dans la dénonciation mais aussi parce qu’il est curieux que la «victime» n’ait pas tenté d’alerter quelqu’un dans un hôtel doté de caméras de surveillance entre autres. M. Nke note que la dénonciation d’Edwige est écrite dans un français approximatif et raconte qu’il aurait «bouicotter» ses notes après sa supposée échappée miraculeuse. Il la juge aussi incohérente que la précédente, ponctuée de contre-sens et surtout rédigée par un être dépourvu de toutes ses facultés mentales. Enfin, un certain David, petit ami de Dominique se plaint d’avoir été roué de coups par le prof.

Lui, soutient que tout cela ne serait qu’une mascarade attribuée à M. Ayissi Lucien, chef du département de philosophie à l’époque des faits qui n’a pas cessé de se contredire devant le conseil de discipline en tentant de le faire passer pour un enseignant aux «moeurs dépravées, impudique, abject, libertin, putride, libidineux, vicieux, obscène… » sans pour autant étayer ses accusations. Il souligne aussi que le fait que les prétendues plaintes des étudiants portent curieusement la même date du 23 janvier 2016, n’est pas une coïncidence fortuite. S’agissant des faits de manquements aux obligations professionnelles et à la déontologie universitaire, l’enseignant les juges dépourvus de pertinence puisqu’il a toujours dispensé ses cours et enseignements tel que prévu.

Sur les prétendus vices de la procédure disciplinaire, Fridolin Nke soutient que Pr Hubert Mono Ndzana, enseignant de philosophie et son témoin, a été éconduit par le conseil de discipline alors qu’il entendait le disculper. Mme Engola Stéphanie, sa collègue du même grade à l’époque des faits qui était censée prendre part aux travaux comme membre du conseil a subi le même traitement. Pr Jean Emmanuel Pondi a été rapporteur alors que les textes interdisent aux responsables ayant connu de l’affaire lors de l’enquête préliminaire, de participer au conseil de discipline… Il réclame 500 millions de francs pour réparer son supposé préjudice. Pour le Minesup, tous les faits imputés à M. Nke sont fondés, il a été piégé grâce à un enregistrement sonore. Il a aussi refusé de se soumettre aux directives du chef de département qui lui demandait de modifier son approche pédagogique. Au sujet des prétendus vices entachant la procédure disciplinaire, le Minesup soutient que les textes prévoient que le secrétaire général de l’université est le greffier de l’instance. C’est lui qui mène l’instruction et prépare le conseil de discipline. L’émissaire du Minesup va estimer au cours de son propos qu’il se pose un problème de compétence de la juridiction.

Source: camer.be

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