Après 14 ans de règne sans fin dans le Coupé décalé, l’artiste ivoirien Dj Arafat a finalement gratté son disque ce 12 aout 2019, suite à un grave accident de circulation contacté dans la nuit du dimanche 11 dans les rues d’Abidjan la capitale ivoirienne. DJ Arafat encore appelé Yôrôbô, Commandant Zabra ou encore Sao Tao le Dictateur, laisse les fans qu’il appelait « Chine populaire » dans l’émoi.

En ce moment où la musique africaine est dans la consternation, lebledparle.com vous invite à revisiter l’histoire de l’artiste.

De son vrai nom Ange Didier Huon, Le Yorobo est né le 26 janvier 1986 à Yopougon un quartier d’Abidjan.

Chanteur, compositeur, producteur et arrangeur musical ivoirien, il est considéré par beaucoup comme l’un des plus grands chanteurs d’Afrique et un ambassadeur du coupé décalé. Il a eu sur la culture musicale ivoirienne une influence considérable.

Fils de Tina Glamour (aussi appelé Tina Spencer) et de Pierre Huon « Wompi », Ange Didier Huon est né le 26 janvier 1986. Sa mère est une artiste chanteuse. Arafat Dj a grandi avec cette image de vulgarité attribuée par les médias notamment dans les années 1990 où Tina Spencer donnait des prestations scéniques à caractère obscène.

Sa mère préoccupée par ces tournées, le jeune Didier était livré à lui-même. Dès l’âge de 11 ans, il est en proie à la drogue et au banditisme de quartiers, il est également le demi-frère de Houon Armand Stephane, Houon Severin, Houon Marie Emmanuelle, Houon Yves Raymond et Houon Franck Olivier Prince. Arafat est d’ethnie Guéré de son père et Bété de sa mère.

Dans les débuts du mouvement coupé-décalé, le DJ officiant dans l’un des plus grands maquis abidjanais le Shanghaï est repéré par le jeune producteur Roland Le Binguiste qui l’emmène en studio.

C’est ainsi qu’il sort une œuvre discographique qui le révèle au grand public grâce au morceau Hommage à Jonathan en 2003 dont une partie du clip a été réalisé au Parc des Sports de Treichville avec la présence de Douk Saga et Mulukuku DJ.

Très jeune, Didier Houon avait beaucoup d’amis libanais à Abidjan, qui le surnommaient sans cesse Yasser Arafat, l’ancien dirigeant du Fatah et de l’Organisation de libération de la Palestine. Car, on lui attribuait le tempérament du dirigeant du Fatah. Il a décidé de faire de ce surnom son nom de scène.

Sollicité en France grâce à cet album, le promoteur de spectacles et directeur de KD Productions, Désiré Kouadio, organise une tournée pour DJ Arafat.

Il s’envole pour deux mois à Paris puis revient en Côte d’Ivoire. Ce séjour a laissé de beaux souvenirs au DJ, et il y voit une belle opportunité économique.

C’est ainsi qu’en 2005, pour son second voyage en France organisé par Désiré Kouadio, il décide de s’installer dans la capitale française malgré l’expiration de son visa.

Illégalement résidant en France pendant plus de cinq ans, il officie en tant que disc-jockey dans un club africain et vends des CD piratés.

Sans papier, il est arrêté par la Police, et passe un mois en Centre de rétention administrative avant d’être rapatrié en Côte d’Ivoire.

Entre temps, il avait sorti un 2e album intitulé Femmes en 2005 puis un album en collaboration avec Meiway en 2006 et un single intitulé Abidjan-Paris en duo avec Christy-B en 2007.

De retour sur la Lagune Ébrié, après deux ans et demi d’absence sur les scènes ivoiriennes, il signe son retour en duo avec Debordeaux Leekunfa.

Le « chouchou » du coupé décalé, en 2008, depuis en duo avec Debordeaux Leekunfa, sort un nouvel opus qui promeut une nouvelle danse appelée le Kpangor.

Le concept et les singles qui s’ensuivent deviennent des succès sur le continent africain, du Gabon au Burkina Faso en passant par le Cameroun.

Des tubes naissent dans un bref laps de temps : « Kpangor », « Confirmation Kpangor », « Lebede 2 », « 25 25 Arachides », « Bouddha ». Ces tubes s’imposent très vite et arrivent en tête des classements ouest-africains.

Entre-temps, il sort des freestyles ou encore des attalakus qui rencontrent un tel succès qu’après leurs sorties, toutes les dix minutes en moyenne, un média musical ou un maquis les diffusaient, il s’agit de « Spot 2009 » (août 2009), « le spécial Stéphane Sessègnon et Marie-Claude Sessegnon » (été 2009 en duo avec Debordeaux Leekunfa), « Interdit aux moins de 30 ans » (septembre 2009), « Retour en clash » (octobre 2009) et « Cadeau de fin d’année » (décembre 2009).

Pour ses prestations scéniques, il engage trois célèbres et talentueux danseurs dénommés Magicien, Ordinateur et Bébé sans os.

En 2008, il participe au single à succès African tonik avec Mokobé, Mohamed Lamine et Mory Kante, la chanson promo devient Tube de l’été en France. La même année pour soutenir le single, il met sur le marché « Cadeau du siècle » un mélange de RnB contemporain et de coupé décalé.

Fan de Yorobo, le footballeur Samuel Eto’o lui offre une montre de 80 000 € et une voiture de marque BMW en juillet 2009.

Le single Gladiator est mis sur le marché le 16 décembre 2009, et l’album le 19 juin 2010 incluant les morceaux Zoropoto I et II.

Le 11 aout 2019, l’Apache est victime d’un accident de moto survenu dans la nuit, tôt le matin du 12 août 2019 à Abidjan. Inconscient, il est admis aux urgences à la Polyclinique des Deux Plateaux, dans un état végétatif et il souffre notamment d’une fracture du crâne et d’un œdème.

« Les équipes soignantes ont tenté de le réanimer, en vain… » confiera un médecin au journal Jeune Afrique. DJ Arafat meurt des suites de ses blessures le 12 août 2019 aux environs de 08 heures GMT, laissant derrière lui son fils Houon Mael et sa petite fille encore nourrisson.

Sa moto a percuté une voiture conduite par une journaliste de Radio Côte d’Ivoire. « Le petit est parti. Il a vécu comme une étoile filante. Nous sommes tous effondrés. Dans le style du Zouglou, à l’international, il y a Magic System.

Pour le coupe décalée, c’était DJ Arafat… C’est une grande perte pour la musique ivoirienne », regrette A’salfo, le leader du groupe Magic System, contacté par Jeune Afrique. Tragique ironie du sort, son dernier single, qui bat des records sur YouTube avec 4,5 millions de vues depuis sa sortie en mai dernier s’intitule Moto-Moto. Il meurt en faisant ce qu’il aimait bien faire : La moto.

source:https://www.lebledparle.com/actu/biographie/1108771-deces-de-dj-arafat-revisiter-l-histoire-de-l-artiste

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