La question de la crise anglophone n’a pas été en reste au cours de l’entretien accordé au quotidien Le Jour d’Haman Mana par Maurice Kamto ce mercredi 16 octobre 2019.

Vous avez toujours promis que vous feriez un voyage dans les régions du NW et SW. Êtes-vous prêt à le faire actuellement ?

Si nous sommes inscrits dans un processus de règlement de cette crise, je dis oui. Je le répète, en cours de campagne, j’avais promis de faire ma toute première sortie dans ces régions, si j’étais élu. Nos compatriotes anglophones qui connaissent mon message, savent que j’ai des solutions qui ne seront pas seulement des solutions cosmétiques. Ce n’e’st pas seulement aller jouer les héros qui compte. Ces populations savent que je suis l’une des personnes les plus dévouées au règlement sincère de cette crise.

Quel est votre plan pour la résolution de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ?

Il n’y a pas de processus unilatéral de solution à cette crise qui soit efficace. Nous avons fait un mémorandum, dans lequel nous avons proposé une démarche pour la résolution de cette crise. La première des choses, c’est la libération de toutes les personnes qui ont été arrêtées et qui sont détenues dans le cadre de cette crise, y compris ceux que l’on a condamnés à perpétuité.

Nous disions dans ce document qu’on devait les libérer et leur donner la possibilité de se concerter pour désigner leurs représentants à une éventuelle négociation, leur laisser même le temps d’aller voir leurs familles, ensuite parler des conditions du cessez-le-feu. Lorsque je parle de cessez-le-feu, on ne demande pas aux forces de défense de déposer les armes. On leur demande de cesser de tirer, créant ainsi pour les autres, les conditions pour déposer les armes.

Si on demande par exemple aux forces de troisième catégorie de se retirer, laissant sur place les forces de deuxième catégorie, c’est à dire la police et la gendarmerie pour assurer juste le maintien de l’ordre, c’est déjà un signal. Si ensuite, derrière cela, vous prenez ce que j’appelle des mesures de « désescalade » et de construction de la confiance, car il y a une rupture de confiance, re-connaissons-le, entre l’Etat central et les populations de ces régions. Construire la confiance pour moi, c’est aller vers ceux qui se sont retranchés dans ta brousse, c’est aller chercher ceux qui se sont réfugiés au Nigeria, c’est reconstruire, ramener chez eux ceux qui sont réfugiés partout ailleurs.

Là, vous créez un climat propice à la paix, aux rentrées scolaires et même à l’organisation des élections. Vous donnez les moyens de la reconstruction, vous permettez aux gens qui ont tout perdu, de se reconstruire une vie…C’est la démarche que je n’ai cessé de préconiser. Malheureusement, avec le détournement des résultats des élections, je n’ai pas été en capacité de mettre cela en œuvre, car c’est cela que j’avais promis aux Camerounais. Je pensais qu’en une période de six mois, on pouvait mener à bien ce programme, de désescalade.

Les discussions sur la-forme de l’Etat elles, devraient prendre plus de temps… Une fois ce travail sur le terrain fait, on ouvrirait le dialogue avec les leaders, les véritables, ceux dont les mots d’ordre peuvent être respectés par les populations et les combattants. Je ne comprends pas pourquoi certains camerounais se croient le droit de s’asseoir à Yaoundé et de décider tous seuls de ce que les autres camerounais doivent penser et croire. Pourquoi des gens peuvent penser qu’ils sont plus attachés au Cameroun que d’autres ? Que des gens disent que le Cameroun est un et indivisible, cela est incontestable.

Mais gui a dit qu’une fédération d’Etats ne l’était pas ? J’ai cité en 2017, la constitution de l’Espagne, qui dit clairement que l’Espagne est une et indivisible, mais où lorsqu’on parle de Catalogne, il y a un gouvernement et un parlement catalan… Nous ne pouvons pas continuer à ruser avec l’histoire. Nous sommes arrivés à un carrefour de notre histoire qui nécessite que nous nous posions et que nous résolvions nos problèmes.

Nous devrions faire u sursaut national, au-delà des chapelles politiques, car nous sommes fendus à un niveau où nous devrions poser à tous, y compris ceux du Rdpc, cette question, EST CE QUE NOTRE PAYS SE PORTE BIEN ? Si la réponse est non, alors, il faut avoir le courage de dire que l’on doit aller ensemble à la recherche de solutions idoines aux problèmes auquel notre pays est confronté.

source:https://www.lebledparle.com/actu/politique/1109752-cameroun-le-plan-de-maurice-kamto-pour-la-resolution-de-la-crise-anglophone

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