Le Tribunal criminel spécial (TCS), tribunal de condamnation systématique en réalité, est décidément un sanctuaire de la forfaiture et du croc-en-jambe politico-judiciaires. Pour sauver l’infime État de droit qui reste du Cameroun ( si tant est que ce pays en soit encore un), il va falloir de toute urgence dissoudre ce TCS qui est plus tourné vers les “politiquement incorrects” du régime voyou de Paul Biya que les véritables criminels économiques qu’il est censé traquer.

En effet, Gervais Mendo Ze, ancien directeur général de la Cameroon radio and television (CRTV) de 1989 à 2004, a été condamné, excusez du peu, à 20 ans de prison ferme le 19 mars dernier par le TCS pour détournements de fonds publics. Emmanuel Ndjere, dont le professionnalisme et la compétence ne sont plus à démontrer, et son collège de magistrats ont rendu un verdict politique. Dans sa décision inique, nulle part Ndjere ne démontre un quelconque enrichissement illicite ni une intention criminelle du professeur Mendo Ze de commettre le crime de détournement de fonds publics. Nous allons scruter point par point les accusations farfelues et grotesques collées sur le dos de Mendo Ze. Pour cette livraison, deux ont retenues notre attention : le détournement de 205 millions de la redevance audiovisuelle en co-action avec l’ancien directeur des Impôts et prisonnier politique Polycarpe Abah Abah et le détournement de 700 millions que Mendo Ze aurait viré au profit d’un des proches collaborateurs dans des comptes bancaires en Europe .

S’agissant des 205 millions de FCFa que Mendo Ze aurait empoché avec Abah Abah Polycarpe, cette somme n’a en réalité jamais été détourné. Au moment où Polycarpe Abah Abah quitte la direction des Impôts le 8 décembre 2004 pour le poste de ministre de l’Economie et des Finances, cette somme se trouve dans le compte N0 311198516315000 de la direction des Impôts au SCB-Crédit Lyonnais. Et d’après la déposition de l’une des billetrices de la direction des Impôts Mme Obelabout à l’enquête préliminaire devant le Corps spécialisé des officiers de police judiciaire du TCS, les 205 millions de FCFa en question ont servi à payer les temporaires de la direction des Impôts et les prestataires de service sous le successeur d’Abah Abah aux Impôts, Laurent Nkodo.

Pour ce qui est des 700 millions prétendument détourné par Mendo Ze à travers le virement de cette somme dans les comptes d’un de ses employés en Europe, nous detenons les preuves de ce que Emmanuel Ndjere et son collège des juges ont entériné un faux ayant débouché sur un vrai scandale car les banques indiquées comme ayant reçu le virement l’ont démenti à travers des correspondances que nous produirons en temps opportun. En guise de rappel, cette accusation est extraite du faux listing de comptes bancaires établi par le prétendu expert financier Dooh Collins que l’ancien ministre de la Justice, Amadou Ali, avait mis en mission en 2006 pour enquêter sur les comptes bancaires de certains barons du régime Biya.

Malgré un dossier judiciaire aussi mal ficelé, Mendo Ze, professeur émérite de linguistique, croupit au quartier spécial 14 de la prison centrale de Yaoundé depuis le 21 novembre 2014. Soit presque 5 ans. Pendant ce temps, Chantal Biya se tape des voyages Yaoundé-Geneve-Yaounde en jet privé juste pour refaire sa coiffure qui coûte plus de 400 millions de FCFA au contribuable camerounais, selon une enquête réalisée par la Radio et Télévision Suisse.

D’après une source proche de la présidence de la République qui s’est confiée à nous il y a deux ans, les ennuis judiciaires de Gervais Mendo Ze ont pour origine la colère de Chantal Biya suite au “sabotage” des obsèques de sa mère Rosette Mboutchouang par la chorale du professeur Mendo Ze, La Voix du Cénacle, début novembre 2014. En effet, nous a relaté notre source, à cause des manoeuvres d’un haut cadre de la présidence de la République décédé récemment, la Voix du Cénacle qui devait prester au palais présidentiel Mvomeka’a lors des obsèques de la belle-mère de Paul Biya a été interdite d’accès à la place des cérémonies funèbres. Puis, ce haut cadre de la présidence, rapporte notre source, a fait un rapport au couple présidentiel selon lequel Mendo Ze et sa chorale ont décidé de boycotter les obsèques de la mère de la Première Dame. D’où la colère violente de cette dernière.

Si cette information est avérée, ce serait un vrai scandale de voir une République sacrifier de milliers d’étudiants (l’avenir du pays) que Gervais Mendo Ze aurait dû former au gré des humeurs d’une femme, fut-elle l’épouse du président de la République. Pour une parodie de procès, une condamnation inique avec à la clé la déchéance et l’humiliation. En a t-on vraiment besoin au nom de la salutaire lutte contre la corruption ?

source:https://www.camerounweb.com/CameroonHomePage/features/Dossier-Mendo-Ze-la-main-noire-de-Chantal-Biya-derri-re-sa-condamnation-467685

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