Près d’une dizaine de jours après les mutineries dans les prisons de Kondengui et Buea, le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) condamne les violations des droits des détenus. Face à la presse le 31 juillet 2019 à Douala, la directrice exécutive du Redhac, Maximilienne Ngo Mbe, a dénoncé les actes de torture, les traitements inhumains et dégradants infligés aux détenus identifiés comme « meneurs » de ces mutineries et déportés vers des lieux gardés secrets par les autorités.

Il s’agit notamment de Mamadou Mota, Mancho Bibixy, Terence, Conrad, des militants du MRC et des activistes anglophones. Si Maximilienne Ngo Mbe confirme que Mancho Bibixy, annoncé mort est encore en vivant, « de nombreuses personnes déportées sans que l’on ne sache à ce jour les lieux et les conditions dans lesquels ils se trouvent, ont subi de manière avérée des actes de torture et sont dans un état de santé délicat » s’est-elle inquiété. Et ce, en violation du code de procédure pénale et des engagements internationaux du Cameroun.

Face à cette situation inquiétante, le Redhac demande la démission du ministre de la justice ainsi que celles des hauts responsables de l’administration pénitentiaire. Bien plus, l’ONG déplore les lenteurs judiciaires entretenues par la corruption et la politisation des procès aussi bien que ceux de l’opération Epervier lancée en 2006, les dossiers contenus dans le cadre de la loi de 2013 contre le terrorisme, la crise anglophone ou la crise postélectorale de 2018.

Le Redhac pense que des solutions à la surpopulation carcérale existent. Il s’agit notamment de l’application des peines alternatives car « une partie significative de personnes sont maintenues en prison au motif de non paiement de la contrainte par corps, sous-entendu des personnes ayant déjà purgé leurs peines privatives de liberté mais ne s’étant juste pas encore acquitté des frais de justice dus au trésor public (dépens et amendes pécuniaires assorties à leurs condamnations », regrette Maximilienne Ngo Mbe. La construction de nouveaux pénitenciers pour décongestionner les 3/4 des détenus des prisons en attente de leurs jugements définitifs contre 1/4 des personnes condamnées est aussi l’une des solutions prônée par le Redhac.

Source: camerouninfo.net

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