Dans une lettre rendue publique cette semaine, Julius Ayuk Tabe réitère la posture des partisans de la sécession dans cette confrontation politique qui les oppose au gouvernement camerounais depuis presque trois ans.

Du fonds de sa cellule où il mène actuellement une grève de la faim, Julius Ayuk Tabe, a adressé, cette  semaine, une lettre Pour le Forum dénommé « Democraty in Africa ». Il y réitère les aspirations des partisans de la partition du Cameroun, défendant que ce n’est pas « de manière irresponsable » qu’ils se sont lancés «  dans une confrontation directe avec les autorités ».

« Nous avons toujours préconisé un règlement pacifique des causes profondes de cette crise. Cependant, Biya et son régime ont pensé le contraire, estimant que la violence pouvait être la solution », écrit Julius Ayuk Tabe.

L’actuelle fronde anglophone à des fondements historiques. Elle nait de malentendus au sujet de la réunification du 20 mai 1972. Tandis que Yaoundé se félicitait de la naissance de la « République unie », les anglophones, qui avaient déjà leur propre système administratif hérité de la colonisation britannique, étaient plus dubitatifs.

Lorsqu’en 1984, le président Paul Biya fait supprimer l’adjectif « Unie » de la dénomination du pays, la communauté anglophone y voit une sorte d’annexion. Des soulèvements corporatistes puis populaires vont avoir lieu en fin d’année 2016, ouvrant la voie à l’expansion du mouvement sécessionniste à laquelle le régime de Yaoundé va répondre par une répression violente.

« Nous, peuples du sud du Cameroun, n’accepterons plus jamais de vivre avec le statut étroit et institutionnalisé de citoyens de seconde classe – certainement pas sur la terre de nos ancêtres », martèle Ayuk Tabe. Ce leader ambazonien s’était démarqué par le passé par son affirmation à mener de façon déterminé la lutte pour l’indépendance des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Au péril de sa vie.

Il ajoute : « En termes simples, les habitants du sud du Cameroun ont perdu confiance dans l’expérience du Cameroun – il s’agit bien d’une maladie incurable. Paul Biya et son régime ont impitoyablement réprimé notre peuple pacifique – nos mères, nos pères et nos enfants – avec une barbarie féroce. La guerre a été déclarée à notre peuple ».

Julius Ayuk Tabe et neuf autres membres du premier gouvernement éphémère d’ambazonie sont détenus à la prison centrale de Yaoundé où ils attendent d’être jugés pour terrorisme. Près de 2000 autres ressortissants du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont disséminés dans des centres pénitenciers à travers le pays.

Source : https://camerounweb.com/2019/08/02/ayuk-tabe-nous-naccepterons-plus-jamais-de-vivre-avec-le-statut-de-citoyens-de-seconde-zone/

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