Voici les Révélations du Cardinal Tumi sur un coup d’Etat à Etoudi

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Il est sans doute un personnage clé mais également un acteur et un témoin incontestable de l’histoire du Cameroun depuis plusieurs décennies.

Le Cardinal Christian Tumi, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été au premier rang des grands faits ayant marqué les régimes politiques d’Ahmadou Ahidjo et de Paul Biya.

Dans un livre intitulé « Les deux régimes politiques d’Ahmadou Ahidjo, de Paul Biya et Christian Tumi: prêtre » le religieux connu pour son franc-parler s’est confié sur un épisode qui a marqué ses relations avec le pouvoir de Paul Biya. Extrait…

Ce jour-là, je reviens d’un voyage à Rome où je venais de participer à l’Assemblée Plénière de la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples. Peu après mon arrivée, Pius Njawé, Directeur de publication LE MESSAGER, et un autre journaliste de British Brodcasting Corporation (BBC) dont j’ignore le nom, vienne me voir à l’Archevêché de Douala. Je leur souhaite la bienvenue et leur demande comment ils allaient. Pius me répond : « C’est grâce cette fois-ci ». Étonné, je lui demande : « Qu’est-ce qu’il y a ? » – Vous êtes mieux informé que moi sur tout ce qui se passe dans ce pays, me dit-il.

C’est alors que ce journaliste bien connu, au Cameroun et ailleurs, m’annonce une nouvelle incroyable dont je n’en reviens pas : – Savez-vous, me dit-il, que le régime au pouvoir envisageait organiser un coup d’État dans lequel vous seriez impliqué, vous et quelques dignitaires des partis politiques de l’opposition qui gênent le RDPC ? L’objectif de ce projet était de vous éliminer physiquement. – Pius, lui dis-je, je ne vous comprends pas ! Comment cela allait-il se réaliser ? Il m’explique : « L’État a chargé le Général Semengué de réaliser cette mission. Il allait envoyer quelques militaires et policiers déposer en cachette, des armes à feu chez tous ces Camerounais que le régime accuse de haute trahison et les condamner à mort, ou au moins, les mettre hors d’état de nuire le RDPC.

Le régime estime qu’ils lui font du tort auprès de la population et de l’opinion internationale par ce qu’ils dénoncent sa mauvaise manière de gérer le pays. » Je demande alors à Pius Njawé et son compagnon britannique, comment ils ont fait pour découvrir ce complot. Ils m’expliquent. Un policier bien impliqué dans cette affaire, a dévoilé le projet au Directeur du Messager. Ce policier, Monsieur Tonye Robert, pour dénoncer le complot, s’est sauvé dans les bureaux du Messager et a tout raconté à Pius Njawé. Il était, selon lui, un de ceux qui étaient chargés de déposer les armes chez ces particuliers gênant pour le régime, des citoyens innocents à son avis.

La conversation téléphonique entre le policier et le Général Semengué, est enregistré depuis le bureau de M. Pius Njawé. Le policier donne une fausse impression au Général commanditaire de l’opération, qu’il est toujours fidèle à la missions qui lui était confiée. Ils me font écouter l’enregistrement de la conversation. Je reconnais bien la voix du Général qui dirige l’opération depuis Yaoundé.

À partir de ce moment-là, je commence à croire ce que me disait M. Pius Njawé et le journaliste britannique. Le policier qui a dénoncé le macabre et sinistre projet du régime, se sent en danger de mort, cela va de soi. Son épouse et lui, ne savent pas où aller au Cameroun. Je les accueille tous les deux à l’Archevêché de Douala. Sa jeune épouse attend leur premier bébé. Ils vont passer quelques mois avec moi. Je serai très étonné, si j’apprenais un jour que les éléments de la sureté nationale, n’ont pas été au courant du séjour de M. Tonye Robert et sa femme chez-moi.

L’ignorance de ce fait serait révélatrice de la faiblesse de notre sécurité nationale. Ce serait une ignorance coupable d’un fait qu’un professionnel et homme de métier doit nécessairement connaître. Je demande à l’Ambassade des États-Unis ce qu’il faudrait faire d’un Camerounais qui se réfugie chez-moi, parce qu’il croit sa vie en danger pour des raisons purement politiques. L’Ambassade me répond qu’elle ne peut garder un réfugié politique Camerounais dans ses murs. Mais que hors du Cameroun, elle peut s’adresser à une Ambassade des États-Unis dans un autre pays.

Après un mois, M. Tonye Robert et sa femme sont inquiets. Ils veulent quitter le Cameroun où ils ne se sentent plus en sécurité. Où pourraient-ils donc aller ? S’ils doivent se déplacer, il faut qu’ils aillent sûrement dans un pays francophone où ils seront linguistiquement à l’aise. Ensemble, nous décidons
qu’ils aillent à Bangui, en République Centrafricaine. Mais comment y arriver ?

Je réfléchis avec eux sur l’itinéraire à suivre. Ils devraient partir de Douala pour Bangui en passant par Foumban, Banyo, Tibati, Meiganga et Garoua Boulai.
Ce projet se solde par un échec total. M. Tonye Robert et sa femme sont arrêtés à Garoua-Boulai et ramenés à Yaoundé où le Général Semengué les attendait à la gare, me dira Robert plus tard ! Qu’est-ce qui s’est donc passé à Garou-Boulai pour que Robert et son épouse soient arrêtés ?

Source: camerounweb.com

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